Alors que les deux Ford GT ont débuté leur carrière par un double tour d’horloge à Daytona entaché de quelques soucis de jeunesse, la saison à venir s’annonce bien remplie pour Ford Performance et Chip Ganassi Racing. Les deux entités vont mener deux programmes de front avec WeatherTech SportsCar Championship et Championnat du Monde d’Endurance de la FIA, sans oublier les quatre Ford GT invitées aux 24 Heures du Mans 50 ans après le triplé de la marque américaine dans la Sarthe. Dave Pericak s’est confié à Sportscar365 durant les 24 Heures de Daytona. (In English)
Il a toujours été prévu de mettre un moteur EcoBoost dans la Ford GT ?
« Dès le premier jour. C’est juste un témoignage de la technologie que nous avons avec EcoBoost pour tirer partie de cette plate-forme afin de passer au niveau suivant. Voilà pourquoi nous avons immédiatement lancé le programme Daytona Prototype avec Chip Ganassi. Il fallait avoir ce moteur en course et voir ce que l’on pouvait en faire pour connaître le succès. Bien entendu, nous avons réussi avec le succès aux 24 Heures de Daytona l’année passée, sans oublier les 12 Heures de Sebring et les autres courses. »
Est-ce que vous avez appris quelque chose de la voiture de course pour celle de route ?
« Oui. C’est un avantage de faire en même temps une voiture de course et une de route. Je dis toujours que c’est à la fois une bénédiction et une malédiction. C’est une bénédiction parce que vous repoussez toujours les limites sur la piste, vous apprenez une tonne de choses que vous voulez mettre dans la voiture de route. Un, vous voulez avoir la meilleure voiture de route que vous pouvez pour vos clients. Deux, nous avons une auto sans compromis. Je prends ce dont j’ai besoin de la voiture de course pour le mettre dans celle de route.
« C’est une malédiction parce que l’équipe chargée du développement sur deux voitures exactement en même temps, sur un cycle très court. Nous avons beaucoup appris de la voiture de course qui a déjà contribué à faire une meilleure voiture de route.
« Il y a des tonnes d’exemples avec notamment l’aéro et le contrôle du moteur. Beaucoup de gens me demandent quelle est la différence entre la voiture de course et celle de route, si certaines choses sont homologuées tel qu’un aileron fixe. La voiture de route est la voiture de course et inversement. »
Quelles sont vos réflexions sur l’équilibre de la BOP et le travail avec l’IMSA et la FIA ?
« Voilà une question piège. J’aime la façon dont nous travaillons avec l’IMSA et la FIA. La relation est bonne avec un dialogue ouvert. Je pense que le dialogue est transparent, honnête et vraiment bon. Est-ce que j’aime le système de BOP ? La réponse est non. Mais je pense que nous allons tous ensemble apprendre à mieux gérer la BOP. La bonne chose est que l’IMSA et la FIA sont ouverts à échanger avec nous. Des commentaires peuvent être faits avec des changements en conséquence. Je pense que nous sommes dans une bien meilleure situation aujourd’hui qu’il y a quelques années, mais je pense que nous avons encore beaucoup de travail pour aller de l’avant afin que tout soit bien équilibré. »
Êtes-vous préoccupé par la BOP des autos équipées d’un moteur turbo et celles qui ne le sont pas ?
« Les voitures équipées d’un turbo doivent faire face à un sacré défi parce que la technologie est tout simplement différente. Ce qui pourrait être bénéfique à une pourrait ne pas l’être à une autre. C’est comme si on compare une pomme et une orange. Voilà pourquoi il faut un bon dialogue et tout le monde en sortira grandi. »
Un programme FIA WEC en plus de l’IMSA a toujours été au programme ?
« Absolument. Il faut parler de la marque Ford et de nos capacités. Il est clair que cela devait passer par un programme mondial, ce qui a toujours été le plan. »
Par rapport à la concurrence, vous allez arriver au Mans sans expérience. Un handicap ?
« Tout d’abord, nous avons fait cela en tant que société. Au bout du compte, il faut mettre en place la bonne équipe et je pense que c’est le cas avec l’équipe Ford dirigée par Raj Nair. Je pense que les partenariats avec Multimatic et Chip Ganassi sont comme il faut afin de combler la lacune de l’inexpérience. Il ne fait aucun doute que la concurrence est importante, comme c’est le cas depuis longtemps. Toute personne qui va arriver et se dire qu’elle va marcher de suite sur les platebandes de Ferrari et Porsche est ridicule. Nous croyons avoir toute l’expertise et l’expérience pour avoir la compétitivité nécessaire et nous battre contre eux. »
Voir des Ford GT privées est possible ?
« Certainement pas dans les deux premières années où nous serons en course. Nous verrons ensuite ce qui va se passer et quelle sera la demande. On ne peut pas empêcher quelqu’un d’acheter la voiture et de la faire courir, mais nous verrons vraiment ce qui va arriver dans le futur. Pour l’instant, nous restons focalisés sur l’engagement officiel. »
Une Ford GT GT3 est dans les tuyaux ?
« Pas vraiment. Bien sûr, nous soutiendrons toujours nos clients qui roulent avec nos produits. Mais ce que je peux dire, c’est que quand on parle de la GT, la dernière chose que je veux parler, c’est bien qu’un client fasse rouler cette voiture en ce moment. Nous devons déjà passer cette année. Nous avons un objectif ambitieux, nous sommes concentrés sur cela et il y a Le Mans. »



